Raid en radeau - Lynx MMXXIV
Imaginez huit scouts, qui ont le projet de faire des radeaux, et de descendre une rivière dessus.
Et en voilà quatre, qui se réunissent un dimanche chez leur CP, sous la pluie, pour construire ces radeaux. Voici comment ils s'y sont pris :
Huit gars : deux radeaux,
Deux radeaux : huit bidons,
Un gars par bidon.
C'est ainsi qu'ils pensèrent, C'est ainsi qu'ils firent.
Il devait être 12H45, et il pleuvait. Chacun des quatre avait emporté son pique-nique pour la pause déjeuner. Il y avait un garage, et devant le garage, ils étaient là, à regarder le matériel à côté d'eux se faire tremper par la pluie. Enfin l'un des quatre pris la parole, c'était le CP : « on amène tous les bidons dans le garage, et après les perches. » Un instant plus tard tout était rentré. Deux heures plus tard, ils ressortirent pour mettre le premier radeau à l'eau (dans la piscine) ; une heure plus tard, le deuxième suivait. On s'était confectionné des rames de bois par la même occasion.
Deux semaines plus tard, la patrouille se réunissait pour un week-end sur l'Argens, qui serai descendu sur les deux radeaux. Chacun enfila son gilet de sauvetage (obligatoire !) et les radeaux furent mis à l'eau. L'aventure commençait. Monter sur les radeaux fut un moment émouvant. On se mit en route pour l'aventure. Au début c'était facile, il y avait beaucoup d'eau et peu de courant. Mais au fur et à mesure, le courant s'intensifia et les chutes commencèrent à pleuvoir accompagnées des rires des compagnons du pauvre chuteur qui devait nager derrière les autres en essayant de les rattraper. On navigua ainsi pendant trois heures, jusqu'à arriver à un endroit où le courant se fit plus fort que jamais, et plusieurs tombèrent. On fit la pause de midi juste après cet endroit.
Une fois le déjeuner avalé, ceux qui étaient tombés dans le courant entraînèrent les autres à y retourner pour leur montrer à quel point c'était amusant. Après cet épisode, nous répartîmes pour cinq heures de route mouvementées. En effet, à un moment, la rivière se rétrécissait, et il y avait un arbre au milieu. Le premier radeau passa dessus, et la branche de l'arbre se prit dans la manche de l'un d'entre eux, qui se fit retenir sur place, alors que le radeau partait. Heureusement, la branche céda au moment où le radeau partait, et il put rester sur le radeau in extrémis. Il va sans dire que la journée de navigation se passa en courses, chutes, éclaboussures, poursuites… Autant d'événements qui rendirent la journée mémorable.
Vers le milieu de l'après-midi, peu avant le goûter, nous rencontrâmes un endroit particulièrement vicieux. C'était un virage serré accompagné un courant violent, et avec, de l'autre coté du tournant, un arbre couché. Le premier radeau passa de justesse, mais le second n'y résista pas. Lorsqu'ils virent arriver l'arbre à grande vitesse, il était trop tard, ils allaient se rentrer dedans. Les réactions furent différentes : l'un voulu plonger, mais un autre se pencha en arrière, ce qui entraina le premier vers l'arrière, et retourna le radeau juste devant l'arbre, ce qui donna encore plus de violence au dessalage. Lorsque tous furent remontés à la surface, ils étaient encore dans l'incompréhension de ce qu'il venait de se passer, c'est alors qu'ils remarquèrent leurs camarades sur la berge en train d'éclater de rire face à ce qu'ils venaient de voir. Chacun se remit de ses émotions avec un bon goûter qui réconforta les uns et occupa la bouche des autres. Après cet évènement, nous reprîmes la route jusqu'à notre destination finale. Vers dix-huit heures, la rivière commence à faiblir en courant et en taille. Nous avons donc décidé de nous arrêter pour la nuit. L'endroit était isolé de la ville, et paraissait accueillant, herbe grasse, présence d'arbres… Le seul inconvénient était que le coin abritait beaucoup de moustiques. Cela n'entama pas la bonne humeur de la patrouille. Chacun installa ses affaires, et on commença à préparer le repas.
Finalement nous avons navigué environ huit heures, et parcouru à peu près six ou sept kilomètres, ce qui est bien pour une première.
Le lendemain, le week-end s'est terminé par la messe, et chacun est retourné à la maison en se remémorant ce magnifique week-end.
Augustin R.



